Inégalité de genre dans le monde agricole : comprendre et agir

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Dans le cadre du projet DEGENRONS, nous avons travaillé avec nos partenaires sur les freins à l'installation des femmes en agriculture, et comment agir pour les lever.

Vers une meilleure égalité des champs ! 

Les freins à l’installation des femmes en agriculture restent nombreux et persistants. Les stéréotypes de genre, encore très présents dans la société et le monde agricole, fragilisent leur légitimité et la reconnaissance de leurs compétences. Les chiffres le confirment : le métier d’agricultrice se féminise peu.

Un écart important subsiste entre le parcours d’installation et l’installation effective des femmes, comparé à celui des hommes. L’égalité professionnelle reste donc un enjeu majeur pour lutter contre la diminution de la profession, mais aussi pour le développement de modes de production plus respectueux de l'environnement et des personnes qui l'exercent.

Et sur la spécificité de l'accueil ? 

Le réseau Accueil Paysan, paradoxalement, est un réseau qui compte un grand nombre de femme du fait des projets que les associations du réseau accompagnent. L’accueil à la ferme est en effet une activité ambivalente : sa reconnaissance comme activité agricole ayant pour support l’exploitation a permis à de nombreuses paysannes d’acquérir un statut au sein de la ferme, avec les droits et la reconnaissance sociale qui en découle. Cependant, il a aussi pour effet de les cantonner à des activités socialement identifiées comme féminines (entretien, repas, relations sociales, etc.).

 

Quelques chiffres

 

Le métier d’agricultrice ne se féminise pas !

Les femmes représentent :

  • 24,5% des chef·fes d’exploitation
  • 34,6% des nouvelles installations chaque année*

 

Un écart important entre le parcours d’installation et l’installation effective des femmes comparé à celui des hommes !

La part des femmes parmi les bénéficiaires des aides à l’installation des jeunes agriculteur·ices (DJA) reste modeste, mais en augmentation régulière :

  • 25 % en 2022, contre 21 % en 2018 

 

Des statuts inégalitaires ou inexistants !

En 2023, environ 114 100 femmes mariées à des exploitants travaillent sur la ferme. Elles ne sont ni cheffes, ni collaboratrices d’exploitation et n’ont donc pas un statut agricole et par conséquent, aucune protection sociale **

 

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* Nous identifions une réelle complexité à obtenir des chiffres genrés actualisés, notamment au niveau national. Quantifier nous paraît être un enjeu primordial pour connaître les réalités et agir sur celles-ci.
** Chiffres MSA, “Les femmes dans le monde agricole”, 2023

Source : DÉGENRONS l'installation en agriculture -  Livret Accompagner les porteuses de projet agricole 

 

 

Soyons nombreux et nombreuses à nous engager pour faire bouger les lignes

C’est pourquoi notre réseau s’est emparé de la question, auprès de plusieurs partenaires, via le projet DEGENRONS. Dans le cadre de ce projet, nous avons créé ensemble une multitude de formats : modules de sensibilisation dans l'enseignement agricole, formations et groupes en non-mixité, réseaux de marrainage, cafés installation thématiques, accompagnements adaptés aux spécificités des parcours des porteuses de projet, pépinière d'administratrices pour favoriser la présence de femmes dans la gouvernance...

🔗 Pour vous emparer de la richesse des connaissances produites, rendez-vous sur le nouveau site de référence pour consulter le livret “Accompagner les porteuses de projet agricole” :

degenronslagriculture.fr

 

 

Le fléau du sexisme ordinaire

Le frein genré le plus souvent cité par les porteuses de projet est le sexisme ordinaire. Quels que soient le genre et la position (victime ou témoin), il n’apparaît pas facile d’y répondre. 

Source : Synthèse du diagnostic sur la prise en compte des inégalités de genre dans le réseau de l’ARDEAR et des ADDEAR Auvergne Rhône-Alpes