Dans la presse

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Article du 31/12/18 paru dans la Dépèche, 

 

Fortement implantée en Aveyron, la structure Accueil paysan, préconisant des «vacances autrement», défend une éthique autour de fermes à taille humaine. Pour faire connaître leur action, ses acteurs lancent un projet de film.

Najacois dans l'âme, le coprésident national d'Accueil paysan, Pierre-Jean Bartheye, n'a de cesse de labourer bien des sols en jachères. C'est ici qu'à Daoudou d'abord, avec la pratique concrète d'un hébergement de vacances au contact le plus près des paysans, qu'il a pris la mesure de l'intérêt de la démarche. Car depuis son émergence, il y a une trentaine d'années, suite à la volonté de paysans en quête de solutions pour sauver les fermes familiales à taille humaine, l'entité a parcouru, tant dans le concret que dans sa réflexion, un long chemin dont pourraient s'inspirer bien des acteurs du monde touristique lambda. Car ici, on résonne bien en termes de nécessité pour ces «prestataires» différents, d'engagement sur les territoires en embrassant les piliers éducatifs, culturels et sociaux.

Conscient qu'en dépit de champs des possibles les plus larges, et les plus différents possibles, Accueil paysan manque de visibilité, Pierre-Jean Bartheye et ses amis n'entendent pas abandonner l'espace qu'ils ont créé à toutes formes de récupérations…

 

«Le mot paysan c'est notre ADN»

«On a souhaité parler de nous car le mot paysan c'est notre ADN, on le revendique depuis toujours», reprend le coprésident. Une valeur aussi, avec des pratiques agricoles en phase avec l'environnement et les évolutions climatiques.

À force d'échanges entre Pierre-Jean Bartheye et Florent Verdet (il était, notamment, l'assistant-réalisateur de «Tous au Larzac» film «césarisé» de Christian Rouaud-2011), installé lui aussi à Najac, le projet de film autour de protagonistes d'Accueil paysan a mûri. «Je connaissais bien la structure en tant qu'accueilli, explique Florent Verdet, et depuis quelques années, je réfléchissais à l'idée de faire un film vivant, sortant de l'institutionnel sur le sujet.»

De contacts pris en rencontres avec celles et ceux qui font ce réseau de vacances si particulier, le projet a tracé route.

Après le ciblage des fermes et des paysans, afin de montrer au mieux ce que représente vraiment ce mouvement aujourd'hui, «et ce qu'il sera demain» (sic Pierre-Jean Bartheye), le défrichage avance.

État des lieux du monde rural

«Nous avons un casting magnifique, avec des formes d'accueil différentes dans tous le pays», jubile le réalisateur. Lui apporte ce nécessaire regard extérieur, évitant tout risque de nombrilisme, même si ce n'est pas le genre de la maison Accueil paysan. «Ce sera un film sur un état des lieux du monde rural», détaille Florent Verdet. Mais aussi un prolongement de son travail sur les luttes paysannes et le parcours qui fut le sien lorsque, avec sa famille, il fit le choix de quitter la ville pour vivre en milieu rural, «comme le défend Accueil paysan.»

Le coprésident de l'entité abonde dans ce sens : «Lorsqu'on en parle entre nous comme à l'extérieur, nous disons que ce sera un film d'auteur et que nous n'interviendrons pas. Ce qui nous importe, c'est bien la diversité des accueils intéressants, des personnages hauts en couleur qui s'exprimeront. Même si nous savons que nous passerons à côté de certains… et un vrai regard sur le monde paysan de demain.» Le tout avec le soutien appuyé de Pierre Rabhi…

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